branche


branche

branche [ brɑ̃ʃ ] n. f.
• 1080; bas lat. branca « patte (d'un animal) »
I
1 Ramification latérale de la tige ligneuse (d'un arbre).
Arbor. Ramification la plus forte. Branche mère, qui pousse directement sur le tronc. Branches fruitières. courson. Branche à bouquet, qui porte plusieurs boutons à fruits. Branche gourmande.
Cour. Maîtresse branche. Branche morte. Secouer les branches d'un arbre. « Un cassis sauvage [...] qui passait une branche de fleurs par la fenêtre » (Proust). Ensemble des branches d'un arbre. branchage, ramure; 2. port. Petite branche. brindille, rameau, ramille, rouette. Branche de houx. Branches nouvelles. crossette, pousse, 1. rejet, scion, surgeon, taille. Branches repiquées pour la reproduction. bouture, ente, 2. greffe, marcotte, plançon, scion. Dépouiller un arbre de ses branches : ébrancher, élaguer, émonder, étêter. Branches rompues par le veneur. brisées.
Spécialt Morceau de bois formé d'une branche coupée, cassée. bâton. Un petit chameau « que poussaient avec des branches, deux petits Arabes » (Maupassant).
2(av. 1704) Ramification d'une partie quelconque de la plante. Les branches d'une racine.
(1863) Épinards, céleris en branches, servis avec la tige complète.
3Loc. fig. Être comme l'oiseau sur la branche : occuper une position précaire. Scier la branche sur laquelle on est assis : compromettre sa position. Se rattraper aux branches : rétablir une situation critique en saisissant une opportunité.
IIPar anal.
1(XIIIe) Ramification ou division (d'un organe, d'un appareil, etc.) qui part d'un axe ou d'un centre. Le chandelier à sept branches. Les branches d'un compas, d'une paire de lunettes, d'un mors, d'un fer à cheval. Anat. Branches collatérales, terminales d'un nerf, d'un vaisseau. Inform. Branchement. Archit. Nervure.
Élément partant d'un nœud, dans un graphique en arbre. Les branches d'un arbre généalogique. Math. Branche infinie d'une courbe. Branche parabolique, qui admet une direction asymptotique.
2Fig. Division (d'une œuvre, d'un système complexe). Les branches du roman de Renart. Les différentes branches de la science. Les branches de l'enseignement (classique, moderne, technique). ⇒ discipline , spécialité.
Branches d'une famille, provenant d'une souche commune. Branche aînée, cadette.
3Écon. Ensemble des unités de production fabriquant le même type de biens. secteur. Les branches de l'industrie touchées par la crise.
4(1877) Cheval qui a de la branche, qui a le garrot bien sorti, la tête petite, l'encolure longue.
(av. 1907) Loc. fig. Avoir de la branche : être racé, avoir de l'allure, de la distinction.
5(1877) Fam. Ma vieille branche : mon vieux camarade. ⇒ pote. Salut, vieille branche !
⊗ CONTR. Tronc; souche.

branche nom féminin (bas latin branca, patte d'un animal) Rameau ligneux de fort diamètre, partant directement ou avec peu d'intermédiaires du tronc d'un arbre et ayant plusieurs années d'existence. (Les branches, ainsi entendues, portent des rameaux.) Toute ramification du tronc d'un arbre, directe ou indirecte, de grand ou petit diamètre. Chacune des ramifications d'un appareil, d'un organe, etc., qui divergent le long d'un axe ou d'un centre : Les branches d'un candélabre, d'un compas. Division d'une science, d'une activité, d'une organisation. Domaine où s'exerce l'activité de quelqu'un : Il est le meilleur dans sa branche. Anatomie Ramification d'un vaisseau ou d'un nerf. (On distingue les branches collatérales, qui naissent du tronc principal, et les branches terminales.) Architecture Chacune des deux parties d'une ogive, de part et d'autre de la clef de voûte. Droit Fragment d'une filiation issue d'une même souche. Économie Ensemble des unités de production qui fournissent un même produit de la nomenclature des biens et services. Électricité Dans un réseau électrique, sous-ensemble, considéré comme un bipôle, constitué par une combinaison d'éléments de circuit. ● branche (expressions) nom féminin (bas latin branca, patte d'un animal) Familier. Avoir de la branche, avoir de la distinction, de la race. Familier. Comme l'oiseau sur la branche, dans une position précaire ou incertaine. S'accrocher, se raccrocher aux branches, utiliser tous les moyens pour se sortir d'affaire. Scier la branche sur laquelle on est assis, compromettre sa propre situation par des actions inconsidérées. Vieille branche, vieux camarade (appellatif familier). Branche fruitière, synonyme de courson. En branches, se dit d'un légume (épinard, céleri) servi avec les tiges. Branche infinie, partie du support d'un arc paramétré (I, f) où la longueur de OM (ou ) tend vers l'infini quand t tend vers t0, t0 étant l'extrémité de l'intervalle ouvert I. Branche parabolique, partie du support d'un arc paramétré (I, f) tel que étant représenté par ses coordonnés x(t) et y(t), et tendent vers +∞, et — soit (branche parabolique de direction O y), — soit et (branche parabolique de direction la droite y = ax), — soit (branche parabolique de direction O x). ● branche (synonymes) nom féminin (bas latin branca, patte d'un animal) Division d'une science, d'une activité, d'une organisation.
Synonymes :
- spécialité
Domaine où s'exerce l'activité de quelqu'un
Synonymes :
Agriculture. Branche fruitière
Synonymes :

branche
n. f.
d1./d Ramification qui pousse du tronc d'un arbre. Branche maîtresse.
Par ext. Ramification d'une plante. Céleris en branches, dont on mange les côtes.
|| Loc. être comme l'oiseau sur la branche: être dans une situation incertaine, précaire.
|| Fam. Vieille branche: apostrophe d'amitié.
|| Loc. Fam. (Québec) Apprendre, entendre dire à travers les branches, au travers des branches (que), de façon indirecte, par ouï-dire.
d2./d Par anal. Ce qui évoque une branche par sa forme ou sa position par rapport à un axe. Chandelier à sept branches. Les branches d'un compas.
|| ANAT Les branches d'une artère, d'un nerf.
d3./d Division, ramification. Les branches d'une science.
|| (Belgique, Suisse) Discipline étudiée. Branche principale, secondaire.
d4./d Par anal. Une des familles issues d'un ascendant commun. La branche aînée, cadette.

⇒BRANCHE, subst. fém.
I.— BOTANIQUE
A.— Tige secondaire d'un arbre qui se développe à partir du tronc, dont elle possède la nature ligneuse, et qui porte les feuilles, les jeunes rameaux et, le cas échéant, les fruits. Des branches d'arbre; (voler, sauter) de branche en branche; à travers les branches :
1. ... le feu pétillant de branches sèches autour duquel nous pressons nos chaises après ce signe de croix qui porte au ciel nos actions de grâces...
M. DE GUÉRIN, Journal intime, 1833, p. 190.
2. Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches, Et puis voici mon cœur, qui ne bat que pour vous.
VERLAINE, Romances sans paroles, 1874, p. 51.
3. Une longue caresse d'air passe sur la forêt; les arbres ployent; les branches basses balayent le sol, comme des franges; ...
R. MARTIN DU GARD, Devenir, 1909, p. 25.
4. La nuit rêve. Les étoiles volettent de branche en branche.
MONTHERLANT, Encore un instant de bonheur, 1934, p. 693.
5. Au lieu des géants repus, altiers, infaillibles, il vit des arbres penchés, avides, impatients, aux branches arrondies, tels de grands bras accueillants, pour attendre le vent, le soleil, la pluie : ...
G. GUÈVREMONT, Le Survenant, 1945, p. 190.
SYNT. 1. Subst. + adj. a) Branche chargée, dépouillée, nouvelle, pendante, souple, flexible, noueuse; branche morte, verte; grosse, longue, petite, sèche branche. b) La plus haute branche, branches basses, branche maîtresse. 2. Subst. + subst. La fourche d'une branche, une litière faite de branches, à l'extrémité de la branche, fruits cueillis sur la branche, branche de chêne, de pin, de sapin, etc. 3. Verbe + subst. Atteindre à une branche, casser une branche, écarter les branches, pendre à une branche.
Spéc. Branche mère ou charpentière (qui pousse directement du tronc et qui supporte de nombreuses branches importantes); branche terminale. Branches à bois (qui sont conservées pour porter les branches à fruits), branche chiffonne (ou folle) (branche de pêcher ne portant que des bourgeons à fleurs), branche gourmande (au développement excessif, épuisant les autres).
Rem. On rencontre dans la lang. poét. de nombreuses images autour de 2 thèmes essentiels : le bruit du vent dans les branches : le frôlement, le froissement des branches, le vent froisse les branches, et le spectacle de la pluie ou du givre sur les branches : les branches larmoient, enfilent des gouttes de pluie; les branches glacées ressemblent à de grands lustres de cristal.
B.— P. ext.
1. Ramification peu importante de la tige d'un arbuste, d'un végétal. Une branche de buis, de laurier; cueillir une branche d'aubépine, se couronner de branches de myrte. Synon. rameau. Un pauvre bénitier en or avec une branche de buis bénit (FLAUBERT, La 1re Éducation sentimentale, 1845, p. 15) :
6. C'était la Trouille, la fille à Jésus-Christ, une gamine de douze ans, maigre et nerveuse comme une branche de houx, aux cheveux blonds embroussaillés.
ZOLA, La Terre, 1887, p. 45.
2. Tige d'un végétal, ou division d'une racine. Asperges en branche(s) (entières, avec pointe et tige); céleri, épinards en branche(s) (comprenant tige et feuilles).
Rem. Attesté dans la plupart des dict. gén. du XXe s. à partir de Lar. 20e.
P. anal., vieilli, COMM. Suif en branche. Suif brut, tel qu'il est détaché du corps de l'animal. Bien marinée chez un fondeur de suif en branche (Les Gdes heures de la cuis. fr., Grimod de la Reynière, 1838, p. 159).
Rem. Attesté dans Lar. 19e, Nouv. Lar. ill., Lar. 20e.
C.— Proverbes et loc.
1. Être, vivre comme l'oiseau sur la branche. Vivre naturellement ou accidentellement dans l'incertitude, la précarité, sans pouvoir présager de l'avenir :
7. Je me sens à peine posé comme l'oiseau sur la branche. Mes feuilles tiennent à peine encore. Un coup de vent va venir...
MICHELET, Journal, 1846, p. 653.
Sauter de branche en branche. Au cours d'une conversation, changer rapidement et fréquemment de sujet. Synon. passer du coq-à-l'âne.
Scier la branche sur laquelle on est assis. Compromettre soi-même la position, la situation stable et élevée dont on jouit.
Rem. Attesté dans ROB., Lar. Lang. fr.
2. S'accrocher à toutes les branches, à la branche. Ne négliger aucun moyen pour résoudre un problème, sortir d'une difficulté.
S'attacher, se prendre aux branches. Faire grand cas du superflu et de l'accessoire en négligeant l'essentiel.
Il vaut mieux se tenir au gros de l'arbre qu'aux branches. Il est préférable d'avoir recours directement à un supérieur qu'à un subordonné. Synon. plus usité : « Il vaut mieux s'adresser au bon Dieu qu'à ses saints ».
Rem. Attesté dans la plupart des dict. gén. du XIXe s. et dans QUILLET 1965.
II.— P. anal.
A.— GÉNÉALOGIE. Lignée issue d'une même famille (cf. arbre généalogique). Branche aînée, cadette, collatérale; branche légitime, bâtarde, héritière :
8. Ta triste aventure m'avait rappelé que l'île de Man appartenait de temps immémorial à une branche de ma famille dont l'héritage me revenait de droit, ...
NODIER, La Fée aux miettes, 1831, p. 152.
Loc. fig. Avoir de la branche.
1. Fam. [En parlant d'une pers.] Avoir de la classe, de la distinction :
9. Sa poitrine n'était pas rebondie, sa taille n'était pas fine, ni ses hanches évasées. Mais elle avait une grâce onduleuse et une ligne magnifique. C'est en la voyant que je compris bien pour la première fois l'expression qui naissait alors : « avoir de la branche ».
GYP, Souvenirs d'une petite fille, 1928, p. 240.
Rem. Attesté dans Lar. encyclop., QUILLET 1965, ROB. Suppl. 1970, Lar. Lang. fr.
2. [En parlant d'un cheval] Avoir une encolure longue et fine, un beau port de tête.
Rem. Attesté dans LITTRÉ Add., Lar. 19e Suppl. 1878, GUÉRIN 1892, Lar. encyclop., ROB. Suppl. 1970.
Rarement. [En parlant d'un inanimé concr.] Une soirée qui a de la branche.
[Interj., fam., adressée à un ami] Ma vieille branche. Mon vieux camarade, mon vieil ami. Coupeau surtout, soulagé, rajeuni, qui appelait les autres « ma vieille branche! » (ZOLA, L'Assommoir, 1877, p. 624).
Rem. 1. Attesté dans Nouv. Lar. ill. et dans la plupart des dict. gén. du XXe s. 2. Emploi plus souvent rattaché au sens de branche (généalogique). On pourrait penser aussi à la branche servant de soutien ou de maintien. « Ma vieille branche » ami, sur qui, on peut compter, se reposer.
B.— Domaines de la nature et de la technique :
10. ... ça baigne tout dans une espèce de machine glauque, la petite Phèdre là-dedans fait trop branche de corail au fond d'un aquarium.
PROUST, À l'ombre des jeunes filles en fleurs, 1918, p. 561.
1. ANATOMIE :
a) Nerfs, artères secondaires qui prennent naissance à partir d'une artère, d'un nerf principal et qui se ramifient. Branches cervicales, collatérales :
11. La crosse de l'aorte ne donne de même, dans le dauphin, que deux branches principales; mais chacune d'elles se divise semblablement, et fournit la carotide, l'axillaire et la vertébrale de son côté.
CUVIER, Leçons d'anat. comp., t. 4, 1805, p. 249.
SYNT. Branches ascendantes, descendantes; branche cardiaque, génitale d'un nerf, d'une artère.
b) Une des parties de l'os iliaque.
Rem. Attesté dans Lar. encyclop., Méd. Biol. t. 1 1970.
VÉN. Branches des bois d'un cerf, etc. Les diverses ramifications des bois de l'animal, ou les deux parties des bois qui s'élèvent de part et d'autre de la tête :
12. Outougamiz donna à René le bois d'un élan, qui tombant chaque année, chaque année se relève avec une branche de plus, comme l'amitié qui doit s'accroître en vieillissant.
CHATEAUBRIAND, Les Natchez, 1826, p. 155.
2. Nature physique et p. ext. travaux sur le terrain. Division se détachant d'un élément principal. Branche d'un fleuve; d'une route, d'une tranchée, d'un égout.
3. Domaine technique.
a) ARCHIT. Branches d'une voûte (essentiellement dans l'archit. gothique). Nervures de pierre, saillantes, qui partant du pilier, se continuent et se répartissent dans la voûte. Synon. arête.
Rem. Attesté dans la plupart des dict. généraux.
b) MAR. Cordages ou filins résultant de la division d'un cordage ou d'un filin plus épais et qui sont répartis en plusieurs points d'un même objet. Branches de bouline, de martinet, d'araignée.
Rem. Attesté à partir de Lar. 19e.
c) MINES et CARR. Filon(s) secondaire(s) issu(s) d'un filon principal.
4. Objets divers fabriqués. Partie d'un objet, disposée d'un côté ou de l'autre d'un élément central.
a) [Cas de branches multiples] Branche d'un éventail, candélabre à sept branches :
13. Ne semble-t-il pas que cette échelle de grâces soit comme un candélabre à sept branches, qui aille poussant une branche toujours nouvelle, et chaque fois plus ardente, à mesure qu'on s'élève vers le plus haut de l'autel et à la cime du sacerdoce?
SAINTE-BEUVE, Port-Royal, t. 1, 1840, p. 452.
b) [Cas de 2 branches] Branches de lunettes, de compas, d'un mors, d'un fer à cheval, d'une croix. Des vieux, qui avaient des binocles à deux branches, venaient lui faire la cour (FLAUBERT, L'Éducation sentimentale, t. 1, 1869, p. 205).
C.— Divers domaines de l'activité et de la pensée humaines.
1. Division ou subdivision d'une science, d'une activité commerciale, etc. Une des branches de l'art; branche de commerce, d'industrie. Cette branche de littérature (JOUY, L'Hermite de la Chaussée d'Antin, t. 5, 1814, p. 171); une branche de l'industrie française (ZOLA, Son Excellence E. Rougon, 1876, p. 68).
SYNT. Branche (d'une classification des sciences naturelles) des vertébrés, des mammifères; branche d'un programme scolaire (synon. matière); branche des mathématiques, branche d'une administration.
2. LITT. Partie homogène d'une œuvre composite et généralement d'auteurs multiples. Les branches du roman de Renart.
3. LOG., MATH.
a) LOG. Une des deux parties d'un raisonnement. Branche d'une alternative.
b) MATH. Partie d'une courbe, qui à partir du sommet, s'éloigne à l'infini. Branche d'une courbe, d'une hyperbole, d'une parabole :
14. Le lieu des points où l'on observe une différence constante entre les durées de trajet des ondes provenant de deux émetteurs est en effet une branche d'hyperbole ayant ces émetteurs pour foyers...
B. DECAUX, La Mesure précise du temps, 1959, p. 45.
PRONONC. :[].
ÉTYMOL. ET HIST. — 1. a) Ca 980 (Passion éd., G. Paris dans Romania, t. 2, p. 300b); 1704 branche à bois, branche à fruit, branche mere (Trév.); XIIIe s. de branche en branche (De Barat et de Haimet, 59 dans Fabliaux, éd. Barbazan et Méon. t. 4, p. 235); d'où 1387-93 de branche en branche « successivement » (J. D'ARRAS, Melus., p. 188 dans GDF. Compl.); 1690 sauter de branche en branche « passer du coq à l'âne » (FUR.); b) av. 1704 p. ext. « ramification de toute partie de plante » (Boss. dans Lar. 19e); 1863 asperges en branches (E. et J. DE GONCOURT, Journal, p. 1352); 2. au fig. a) ca 1178 « partie d'une œuvre littéraire » (Renart, éd. M. Roques, 3275); b) ca 1280 « partie » (Clef d'amour, 3387 dans GDF. Compl.) — XIVe s., ibid.; repris en 1704 (Trév.); 3. p. anal. « ramification » a) av. 1250 « bois de cerf » (Renart, 22346 dans T.-L.); b) 1293 branke « embranchement d'un chemin, d'une rivière, d'une source » (Coutumes Lille, éd. Roisin, p. 329); c) 1306 « division de tout objet » (G. GUIART, Royaux Lignages, II, 9590 dans T.-L.); d) 1306 « lignage » (ID., op. cit., Prol. 293, ibid.); e) 1611 archit. (COTGR.); f) 1637 anat. « ramification d'une veine » (DESC., Méth., 5 dans ROB.); g) 1820 géom. (LAV.); 4. 1872 (LITTRÉ Add. : On dit qu'un cheval a de la branche, quand il a le garrot bien sorti, la tête petite, et l'encolure longue et bien portée); av. 1907 avoir de la branche « avoir de la distinction » (MORA, Gil Blas dans FRANCE); 5. 1877 pop. « ami », supra.
Du b. lat. branca « patte d'un animal » (St Augustin dans TLL s.v., 2163, 65), le sens de « branche » s'étant seulement développé dans le domaine gallo-roman (1073 dans NIERM.); la forme latine est d'orig. obsc.; peut-être celte en raison de son extension géogr. (ERN.-MEILLET, s.v. branca), hyp. cependant sans appui dans les lang. celtes (REW3; THURNEYSEN). L'hyp. d'un empr. au lat. biramica formé sur ramus « branche » (Neumann dans Z. rom. Philol., t. 5, p. 386) ou celle d'un rattachement au germ. crampa (Nigra dans Archivio glottologico italiano, t. 15, pp. 100-101) sont à écarter.
STAT. — Fréq. abs. littér. :6 363. Fréq. rel. littér. : XIXe s. : a) 11 003, b) 9 994; XXe s. : a) 8 792, b) 7 028.
BBG. — DELAMAIRE (J.). Meuniers et moulins à vent. Vie Lang. 1970, p. 629. — GOHIN 1903, p. 366. — GOUG. Mots t. 1 1962, p. 92. — KUHN 1931, p. 45, 224. — ROG. 1965, p. 134. — PICKFORD (C.E.). L'Évolution du roman arthurien en prose vers la fin du Moy. Âge. Paris, 1960, pp. 144-153. — ROMMEL (A.). Die Entstehung des klassischen französischen Gartens im Spiegel der Sprache. Berlin, 1954, p. 73, 79, 83, 174.

branche [bʀɑ̃ʃ] n. f.
ÉTYM. V. 980; du bas lat. branca « patte (d'un animal) ».
———
I
1 Ramification latérale de la tige ligneuse (d'un arbre).REM. En arboriculture, on réserve ce nom aux plus fortes ramifications (opposé à rameau et à scion). — Arbor. || Branche mère, qui pousse directement sur le tronc. || Branches charpentières d'un arbre fruitier, qui constituent la charpente, le squelette de l'arbre. || Branche à bois, qui est conservée pour porter les branches à fruits. || Branches fruitières. Brindille (hortic.), courçon. || Base d'une branche coupée dans un arbre fruitier. Ergot. || Branche chiffonne : rameau qui ne porte que des boutons à fleurs. || Branche à bouquet, qui porte plusieurs boutons à fruits. || Branche gourmande, dont le développement excessif épuise la branche à fruits.
Cour. || Maîtresse branche. || Branche morte. || Secouer les branches d'un arbre. || « Un cassis sauvage (…) qui passait une branche de fleurs par la fenêtre » (Proust). || Branche noueuse, flexible. || Les branches basses. || Sur la plus haute branche. || Les branches du chêne. || Une branche de hêtre. || Le bruit du vent dans les branches. || Allumer un feu avec de petites branches sèches. || L'écureuil saute de branche en branche. || Branches courbées sous le poids des oiseaux. → Perchoir, cit. 1. — Ensemble des branches d'un arbre. Branchage, ramée, ramure. || Petite branche. Branchette, brindille, rameau, ramille, rouette. || Branches nouvelles. Pousse, rejet, rejeton, surgeon, taille; (rare) bouture, crossette. || Branches repiquées pour la reproduction. Bouture, ente, greffe, marcotte, plançon, scion.(Vén.). || Branches hardées : petites branches des taillis qui accrochent au passage les bois des cerfs. || Branche rompue par le veneur pour reconnaître le passage d'un gibier. Brisée.Dépouiller un arbre de ses branches ( Découronner, ébrancher, élaguer, émonder). || Couper la branche d'un arbre ( Ravaler). || Un moignon de branche. || Branche chargée de ses ramifications secondaires. Branchée, ramée. || Ployer une branche. || Courbure d'une branche. Arcure. || Menues branches coupées et liées ensemble. Clayonnage, croisillon. || Une branche de buis. || Chant des oiseaux dans les branches. Ramage.Ornement architectural sculpté en branche de vigne. Pampre.
1 (…) on les entendait babiller et chanter ensemble comme deux merles dans une branche.
G. Sand, la Petite Fadette, p. 18.
2 (…) les branches anguleuses des vieux arbres, hérissées de pâles lichens, s'étendaient et s'entrecroisaient comme de grands bras décharnés sur la tête de nos voyageurs (…)
G. Sand, la Mare au diable, X.
3 Des branches d'églantine, dont l'une portait déjà de petites baies, fleurissaient un buisson en travers du sentier.
Martin du Gard, les Thibault, t. II, p. 260.
4 Je saisis une branche, la plus proche, et je tirai. Elle résista, plia, craqua, mais tint bon. Je dus la tordre, l'arracher fibre par fibre. Mes doigts s'engluaient dans la gomme. Tout à coup la branche se détacha et tomba à terre. Je fus effrayé de sa grandeur, elle était formée de plusieurs rameaux.
H. Bosco, l'Âne Culotte, p. 84.
4.1 (…) dehors il fait froid, le vent souffle dans les branches noires dénudées; le vent souffle dans les feuilles, entraînant les rameaux entiers dans un balancement, balancement qui projette son ombre sur le crépi blanc des murs.
A. Robbe-Grillet, Dans le labyrinthe, p. 9.
Spécialt. Bâton, morceau de bois formé d'une branche coupée. || Un petit chameau « que poussaient avec des branches, deux petits Arabes » (Maupassant).
2 (Av. 1704). Ramification d'une partie quelconque de la plante. || Les branches d'une racine.(1863). || Asperges, céleris en branches, avec la tige complète. — ☑ Loc. fig. et fam. Il n'y en a pas plus que de beurre en branche. Beurre (infra cit. 4.4).C'est de la connerie en branche : c'est complètement idiot.
3 Par anal. || Une branche de corail. (Av. 1250). || Les branches du cerf. Bois.
4.2 Elle est garnie d'idoles, qui, des trois côtés de la pièce disposées sur deux files, brandissent des épées, des luths, des roses et des branches de corail (…)
Claudel, Connaissance de l'Est, 1907, p. 31.
4 Loc. fig. Être comme l'oiseau sur la branche : occuper une position précaire, incertaine.
Scier la branche sur laquelle on est assis : compromettre sa position.
5 Ainsi la monarchie de Juillet était discréditée, ébranlée par ceux qui l'avaient faite, par ces élus censitaires qui sciaient la branche sur laquelle ils étaient assis.
J. Bainville, Hist. de France, XIX.
S'attacher aux branches : s'arrêter aux circonstances inutiles, en négligeant l'essentiel.
(1690). Sauter de branche en branche : dans la conversation, passer brusquement d'un sujet à l'autre (→ Coq-à-l'âne).
S'accrocher à toutes les branches : se servir de tous les moyens nécessaires, ne rien négliger.
Se rattraper aux branches : rétablir une situation critique en saisissant une opportunité.
———
II Par anal.
1 (1293). Ramification ou division (d'un organe, d'un appareil, etc.) qui part d'un axe ou d'un centre.(1637). Anat. || Branches collatérales, terminales d'un nerf, d'un vaisseau.
Les branches d'un chemin, d'une voie de communication, d'une mine, d'une tranchée, d'un égout. Embranchement. || Faire se rejoindre les deux branches d'un tuyau ( Brancher, embrancher).
6 La grande artère qui envoie ses branches par tout le corps.
Descartes, Disc. de la méthode, 5.
Le chandelier à sept branches. || Les branches d'un compas, d'une paire de lunettes, d'un mors, d'un fer à cheval, d'une paire de ciseaux. || Les branches d'un lustre. || Branche d'une hélice.
6.1 À six heures du soir, le Mongolia battait des branches de son hélice les eaux de la rade d'Aden et courait bientôt sur la mer des Indes.
J. Verne, le Tour du monde en 80 jours, p. 61.
Élément partant d'un nœud, dans un graphique en forme d'arbre. || Les branches d'un arbre généalogique.
Math. Portion d'une courbe non fermée (parabole, etc.). || Branche parabolique d'une courbe.
2 (V. 1178). Fig. Division (d'une œuvre, d'un système complexe).
(1306). || Branches d'une famille : série généalogique provenant d'une souche commune. || Branche cadette. || Un Bourbon de la branche aînée.
7 Un de nos amis dit qu'il y a une branche aînée au poison, où l'on ne remonte point, parce qu'elle n'est pas originaire de France; ce sont ici des petites branches de cadets qui n'ont pas des souliers.
Mme de Sévigné, 777, 31 janv. 1680.
8 — Il y a plusieurs branches de d'Artagnan à Tarbes et dans les environs, dit le cardinal, à laquelle appartenez-vous ?
— Je suis le fils de celui qui a fait les guerres de religion avec le grand roi Henri, père de Sa Gracieuse Majesté.
A. Dumas, les Trois Mousquetaires, t. II, p. 466.
9 Elle était de la branche des ducs de la Rochefoucauld, ma grand-mère est des ducs de Doudeauville.
Proust, le Côté de Guermantes, Folio, t. II, p. 289.
Les branches du roman de Renart : les parties (écrites à des époques différentes). || Les différentes branches de la science. || Les branches de l'enseignement (classique, moderne, technique). Discipline, spécialité.
3 Écon. Ensemble des entreprises qui fabriquent la même catégorie de produits (→ Secteur, cit. 3.1). || Les branches les plus touchées par la crise. || Il y a beaucoup de chômage dans cette branche de l'industrie.
Cour. Domaine d'activité. || Choisir sa branche.
4 (1872). Techn. (Hippol.). || Cheval qui a de la branche, qui a le garrot bien sorti, l'encolure longue et la tête petite.
(Av. 1907). Loc. fig. Avoir de la branche : être racé, avoir de l'allure et de la distinction.
10 Faut-il le dire ? Je trouvai cet homme très comme il faut. Il n'était pas jeune, oh non ! mais il portait beau; il avait de la « branche ».
Goron, l'Amour à Paris, t. I, p. 352-355.
———
III (1877). Fam. Vieille branche : vieux camarade (→ Pote).Vieilli, sauf en appellatif. || Salut, vieille branche ! || Je compte sur toi, ma vieille branche.
11 (…) Nouveau, un de mes vieux copains, poète et prosateur de beaucoup d'esprit et de talent, serait heureux de savoir si tu pourrais lui accepter deux ou trois récits humoristiques pour Le Réveil. Il te serait reconnaissant de vouloir bien lui écrire un mot à ce sujet, et si tu acquiesces, il t'enverrait ou te remettrait ses manuscrits. Je te recommande cette vieille branche chaudement.
Verlaine, Lettre à E. Lepelletier (1882), in G. Nouveau, Pl., p. 860.
CONTR. Tronc, souche, tête.
DÉR. 1. Branchage, branchée, branchement, brancher, branchette, branchu. — V. Brancard.
COMP. Ébrancher. — Sous-branche. — V. Embrancher.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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